Le bois mort (vieux arbres encore debout, branches et brindilles gisant au sol) est une source de vie irremplaçable pour la biodiversité : la gestion forestière doit tenir compte de cette donnée.

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Le bois mort sert d’habitat et de nourriture à une multitude d’espèces animales : les coléoptères, les oiseaux comme les pics, les mammifères comme les chauves-souris,les batraciens et les reptiles trouvent refuge et nidifient dans les arbres morts. De même, les champignons, les mousses, les lichens s’y développent, et plus tard, les micro-organismes terminent le travail de destruction.
Toutes ces espèces animales et végétales participent à la décomposition du bois en le transformant peu à peu en humus ou terreau. Ils participent donc au cycle naturel préparant la germination d’une nouvelle graine dans ce terreau favorable qui sera à l’origine d’un nouvel arbre.
Une forêt bien gérée a besoin de zones variées, avec des parcelles ouvertes, grâce à des coupes récentes et des parcelles plantées d’arbres anciens, car ce ne sont pas les mêmes espèces animales et végétales qui habitent ces espaces : chez les oiseaux par exemple, l’engoulevent a besoin de trouées produites par des coupes, alors que le pic noir habite les futaies adultes riches en bois mort.
Une gestion forestière brutale ne prenant en compte que des critères financiers aurait pour résultat de faire disparaître le bois mort .En effet, un arbre comme le chêne rouvre va être coupé vers 200 ans alors qu’il peut vivre jusqu’à 600 ans et abriter de multiples espèces animales dans ses cavités, produire du bois mort à partir des branches qui chutent sur le sol etc. Si tous les arbres exploitables d’une forêt sont coupés, il ne reste rien pour assurer le cycle normal de la nature.
De même, lorsqu’un travail d’élagage, de taille ou de coupes des arbres est entrepris, on a souvent pratiqué dans le passé le brûlage des branches mortes (ou rémanents), de sorte que, même si la forêt paraît propre et nette, ce qui est agréable pour la vue, on l’a privée d’une source importante de vie nécessaire à la biodiversité.
Les bonnes pratiques en matière de gestion forestière du bois mort :
Le bois mort peut être pris en compte dans la gestion forestière au travers de plusieurs moyens : on peut fixer un objectif minimum de bois mort par hectare exploité (5 m3 par exemple). De même, on gardera systématiquement quelques vieux arbres au sein des peuplements, afin d’assurer une « continuité de l’habitat bois mort » dans la forêt.
La pratique de la monoculture a heureusement été abandonnée, surtout depuis la tempête, afin que divers types de bois morts soient présents sur le terrain, ce qui favorise la variété des espèces.
Les rémanents des coupes ne seront pas brûlés afin que la vie continue. Ils pourront être broyés pour faire du bois déchiqueté ou laissés sur place, la meilleure pratique étant leur éparpillement qui favorise la biodiversité, sans compromettre l’accès de la forêt par l’homme.
Enfin, on peut préconiser que les exploitants forestiers pratiquent le suivi de gestion du bois mort au cours du temps.